Histoire

Bonifacio, Port historique et légendaire.

De la légende à l’histoire

« Nous entrons dans ce port bien connu des marins : une double falaise, à pic et sans coupure, se dresse tout autour, et deux caps allongés, qui se font vis-à-vis au devant de l’entrée, en étrangle la bouche ».

Cet extrait du chapitre X de l’Odyssée d’Homère reste un mystère. Les historiens se posent encore beaucoup de questions sur le lieu qui est ici évoqué. Pourtant à Bonifacio, on aime pénétrer les descriptions métaphoriques de l’écrivain et se laisser le bénéfice du doute… Et après tout avec sa position centrale en méditerranée, au cœur des routes maritimes, pourquoi Ulysse n’aurait-il pas posé ses pieds sur nos falaises immaculées et combattu avec sa flotte les féroces Lestrygons ? Ce mythe fait désormais parti d’une des nombreuses histoires de la cité et c’est avec fierté qu’on imagine sans mal que ce site exceptionnel servait déjà d’inspiration dans l’antiquité. Depuis toujours, son port est intimement lié à la vie quotidienne des bonifaciens. A la fois indispensable pour sa pêche et sa plateforme commerciale véritable source de revenus pour l’économie de la ville ; il pouvait aussi être dangereux, car de la mer, vient « l’étranger » : cet envahisseur conquérant et hostile qui voyait déjà les potentialités d’un tel site. Bien avant le XVe siècle, l’actuelle marine était l’ancien port de la cité. Avec pour seul aménagement de petits môles (constructions qui protègent des vagues à l’entrée du port), il a commencé à évoluer au cours du XVe siècle pour laisser place à ce que l’on nommera le quartier de la Marine.

La Marine

Le quartier du port, « La Marine »

Le quartier du port, « La Marine », a plus précisément joué un rôle d’une très grande importance concernant le commerce maritime avec Gênes, la Sardaigne, la Corse, Marseille, la Tunisie, la Syrie etc. La Marine s’étend sur plus de 500 mètres de longueur. Le passage y est très agréable, en particulier l’été où il est lieu de beaucoup d’animations. Comme tous les ports de commerce, son histoire a ainsi été relativement mouvementée notamment par un conflit guerrier entre Pise et Gênes. Ces deux républiques se disputaient avec acharnement la citadelle qui était un maillon stratégique militaire et un complexe portuaire sans égal en Corse. Dans un premier temps, Pise fut maîtresse des lieux jusqu’à la fin du XII° siècle. La position stratégique de l’île a toujours suscité les convoitises depuis l’antiquité. Plus que les corses, c’est l’île qui intéressait pour le ravitaillement des bateaux. Si aujourd’hui on peut profiter de ce port tel qu’il est à l’heure actuelle, ce ne fut pas toujours le cas.

Avant 1900, le fond du port n’était qu’une plage où les pêcheurs pouvaient tirer leurs filets jusqu’au sol. Ce n’est que vers la fin du XIX° siècle, que les premiers quais furent aménagés. Une « défense mobile » était à l’origine du projet. Dans une moindre mesure par rapport à la haute-ville, la Marine était elle aussi dotée d’un système défensif (porte et tour, porte à herses, mur d’enceinte), le tout, sera démoli par la suite. De plus, pour des raisons de sécurité les murs des immeubles le long de la Marine étaient obligatoirement jointifs n’ayant d’ouverture que vers la mer. C’est en 1990 que la Marine a été l’objet d’un réaménagement général avec, côté mer, une suite ininterrompue de terrasses de cafés et de restaurants. On créa une voie « piétonne » en bordure de quai, et quelques plantations d’arbres, autrefois inexistants, vinrent agrémenter l’ensemble. Ce réaménagement, apprécié par la majorité des commerçants, aura cependant contribué à modifier d’une manière radicale la vie communautaire dans ce quartier.

Le Port aujourd’hui

Le port de Bonifacio le 3e port de Corse

Le trafic de passagers avec la Sardaigne (250 000 par an) fait du port de Bonifacio le 3ème port de Corse après Bastia et Ajaccio et le deuxième, après Bastia, pour le trafic avec l’étranger. On pourrait ajouter un quatrième atout : celui de la Croisière. Bonifacio qui reçoit chaque année de mai à octobre plusieurs navires de croisières se situe dans ce domaine en seconde position en Corse après Ajaccio. Le seul handicap réside dans l’exigüité des lieux. Cependant, il faut bien reconnaitre que, malgré le développement du trafic, les responsables ont fort bien su organiser la gestion de ce port.
Depuis ces vingt dernières années des équipements assez considérables ont été réalisés : nouveaux quais d’accostage et une gare maritime moderne pour le trafic passagers et croisières et nouveaux appontements pour la plaisance. Mais les prévisions à plus ou moins long terme prévoient une certaine saturation. Bonifacio a même connu un trafic passagers avec le Continent français jusqu’au début du XX° siècle. Restait un trafic de cargos avec Marseille jusque dans les années 1970. A l’heure actuelle, les grands enjeux de demain pour le port de Bonifacio sont de continuer à faire rayonner son image d’exception (1er port de méditerranée en terme de fréquentation) et d’améliorer, par une politique de grands travaux, sa capacité d’accueil pour la plaisance.

Texte s’appuyant sur le livre « Bonifacio à travers ses rues et places » de François Canonici, édition A stamperia et de l’article d’Alain Di Meglio, « Ulysse comme métaphore » – www.canonici.skyrock.com

LE GRAND PROJET D’AMÉNAGEMENT GLOBAL

LE PORT DE PLAISANCE DE BONIFACIO ENTRE DANS LE XXIÈME SIÈCLE

Le projet de rénovation du quartier de la Marine et de la place Saint-Erasme s’est inscrit à la fois dans un souci de mise en sécurité des biens et des personnes, d’une modernisation du port et de ses abords, mais également dans une volonté d’amélioration du cadre de vie et de l’environnement architectural et de la politique de développement durable.
La principale action menée en ce sens a été l’harmonisation des structures des terrasses à l’ensemble des établissements commerciaux du quai Comparetti et du quai Banda Del Ferro.
La campagne de travaux a débuté en Octobre 2011 pour s’achever en juillet 2013. La première tranche (octobre 2011 à juin 2012) a concerné en premier lieu le quai d’honneur et le quai Comparetti et une partie du quai Sotta Portigliola (quai Sud). La deuxième tranche (octobre 2012 à juillet 2013) s’est concentrée sur le quai Nord, l’ensemble du quai Sud et le réaménagement de la place Saint Erasme.

Parmi les travaux réalisés : réparation et rehaussement du quai Jérôme Comparetti, quai Sud, quai d’honneur et reconstruction du quai Nord, réalisation d’une promenade piétonne reliant l’aire de carénage à la Portigliola, réalisation de réseaux séparatifs (pluvial, eaux usées, eau potable), reconstruction de la voierie et revêtement béton, reconstruction des pontons, réalisation du parvis du quai d’honneur et de la place Saint Erasme, extension et réaménagement de l’aire de carénage avec 100 mètres de quais supplémentaires, réalisation du réseau WIFI, système de vidéosurveillance pour la Ville et le port, passage à deux voies pour les véhicules sur le quai Nord, mise en accessibilité de l’espace public, construction d’un réseau électrique privé permettant un nouveau service pour les grosses unités ainsi que la réalisation d’un réseau d’éclairage public.

Un chantier titanesque de 18,7 millions d’euros, réalisé en 19 mois qui ancre désormais notre port de plaisance dans le 21e siècle.

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